Où en est la segmentation dans le domaine de la collecte de fonds ?
Anne-Lyse Calvez
Résumé : Afin d’obtenir une relation rentable à long terme avec leurs clients, il semble raisonnable pour les organisations de bienfaisance de classifier les partisans potentiels dans des segments et d’approcher ces segments avec des programmes marketing sur mesure.
Il existe un grand nombre de critères qui peuvent être utilisé pour la segmentation des donateurs, et la littérature indique que le don charitable individuel est probablement le résultat d’une multitude de différentes influences (Schlegelmilch et les autres, 1997).
Les critères appropriés pour identifier les segments de donateurs sont multiples et évoluent très vite ; l’étude suivante présentera les critères les plus utilisés et tentera d’en présenter quelques évolutions.
Mots-clés : Segmentation
du marché des donateurs, Recherche de fonds, Dons, Organisations de
bienfaisance …
Abstract: To obtain a long-term profitable relation with
their customers, it seems reasonable for the non-profits organisations to
classify the potential partisans in segments and to approach these segments
with tailor-made marketing programs.
There is a
big number of criteria which can be used for the segmentation of the donors,
and the literature indicates that the individual charitable donation is
probably the result of a multitude of various influences (Schlegelmilch and
others, 1997).
The criteria
suited to identify the segments of donors are multiple and evolve very fast;
the following study will present the most used criteria and will try to present
some evolutions.
Keywords : Donor
segmentation, Fundraising, Donations, Non-profit organisations …
Etant donné la croissance significative du secteur
bénévole durant les 20 dernières années, la compétition pour les dons
charitables privés est devenue féroce parmi les organisations de bienfaisance,
et les donateurs sont exposés à un nombre croissant de sollicitations pour
supporter ces organisations (Shelley et Polonsky, 2002).
Ce développement a 2 conséquences majeures :
Premièrement, la propension des donateurs potentiels
à donner à une organisation particulière diminue. Ce qui augmente les dépenses
des dons générées pour une organisation qui choisit une approche non
différenciée en essayant de motiver un grand choix d’individus pour faire un
don. Par conséquent, les organisations de bienfaisance utilisent le puissant
outil marketing de la segmentation.
Une segmentation efficace devrait permettre aux
organisations de bienfaisance de personnaliser le contenu du message de leur
requête pour distinguer des groupes de prospects (Shelley et Polonsky, 2002).
Identifier et cibler de façon sélective les individus
les plus prometteurs, à son tour, va probablement optimiser la proportion
d’approches couronnées de succès par rapport aux approches totales.
Comme telle, la segmentation du marché des donateurs
représente une alternative essentielle au concept de recherche de fonds non
différenciée.
Deuxièmement, Sargeant (1999) dit qu’avec le
développement de la diversité des requêtes faites par le nombre important des
organisations qui sollicite l’appui des donateurs, la propension pour ceux-ci
de devenir troublé a énormément augmenté.
Pire encore, les partisans potentiels – s’ils sont
trop souvent approchés par les organisations de bienfaisance – pourraient
commencer à se poser des questions sur l’efficacité de celles-ci.
Une utilisation efficace des fonds, cependant, a été
identifié comme étant une inquiétude cruciale pour les donateurs (Wong et les
autres, 1998).
Essentiellement, la variable "somme adéquate
dépensée par programme" a été suggérée pour représenter le facteur le plus
important dans la décision de faire un don à une organisation de bienfaisance
(Glaser, 1994).
Dans une étude précédente, Harvey et McCrohan (1988)
ont trouvé que les organisations de bienfaisance qui dépensaient au moins 60%
de leurs dons dans leurs programmes de bienfaisance obtenaient un niveau
significativement plus élevé de dons que les organisations qui opéraient sous
ce seuil.
Par conséquent, les ressources financières ne doivent
pas être dépensées inefficacement en utilisant une approche indifférenciée.
Plutôt, il semble raisonnable pour les organisations
de bienfaisance de classifier les partisans potentiels dans des segments et
d’approcher ces segments avec des programmes marketing sur mesure.
Il existe un grand nombre de critères qui peuvent
être utilisé pour la segmentation des donateurs, et la littérature indique que
le don charitable individuel est probablement le résultat d’une multitude de
différentes influences (Schlegelmilch et les autres, 1997).
Les critères appropriés pour identifier les segments
de donateurs considérés dans les études incluent les critères psychographiques
et sociodémographiques (Newman, 1996 ; Cermak, File et Prince, 1994 ;
Harvey, 1990 ; May, 1988 ; Smith et Beik, 1982) ; Ce sont ces critères
que nous étudierons dans un premier temps, et ce, à travers l’enquête menée par
Srnka, Grohs & Eckler en 2003. Cette étude nous mènera également à vous
présenter quelques dimensions théoriques fondamentales qui représentent une
base plus sophistiquée pour la segmentation des donateurs que les informations
sociodémographiques.
Les critères appropriés pour identifier les segments
de donateurs considérés dans les études incluent également le comportement
passé du donateur. Nous vous montrerons donc en quoi la recherche sur la segmentation
comportementale montre que les fonds pour les organisations de bienfaisance
peuvent être augmentés en groupant les individus sur la base de variables comme
par exemple le montant donné ou la fréquence des donations (May, 1988).
Cette approche peut être exprimée à travers la formule RFM (Récence, fréquence, montant), qui est largement appliquée en marketing direct (Kotler, 2002) et que nous vous présenterons dans une seconde partie avant de vous montrer les évolutions dans ce domaine.
En 2003, Srnka, Grohs & Eckler ont mené une
enquête pour sélectionner les dimensions fondamentales qui pourraient être au
service des chercheurs ayant accès aux données sociodémographiques basiques sur
leur marché cible pour la segmentation et le ciblage.
Dans un premier temps, les données empiriques sur les
donateurs ont été collectées et analysées. Par la suite, les conclusions ont
été totalisées et interprétées pour tirer les dimensions fondamentales
déterminant le comportement du donateur qui élargirait la compréhension du don
charitable individuel. En effet, depuis de nombreuses années, la segmentation à
partir des critères sociodémographiques et psychographiques se banalise dans le
secteur de la collecte de fonds. C’est à partir de ces critères que Srnka,
Grohs & Eckler vont mettre en avant une approche plus sophistiquée de la
segmentation du marché des donateurs.
Comme avec les études réalisées précédemment (par exemple Haibach, 1998 ; Sargeant,
1999 ; Schlegelmilch et les autres, 1997 ; Schlegelmilch,
Diamantopoulos et Love, 1992 ; Schneider, 1996 ; Schlegelmilch,
1988 ; Smith et Beik, 1982), les résultats indiquent que les variables
basiques sociodémographiques étudiées représentent en fait les prédicateurs du
don charitable individuel.
Cependant, comparées avec une recherche précédente,
les conclusions de cette étude donnent une image plus compréhensive de
« comment les caractéristiques personnelles des donateurs et les
dimensions comportementales sont liées ».
1.1 - Les critères sociodémographiques
La littérature dans le domaine de la collecte de
fonds suggère que les variables sociodémographiques sont des facteurs
importants qui influencent le comportement du donateur (Sargeant, 1999 ;
Schlegelmilch, 1988).
De nombreuses recherches universitaires ont montré à
quel point les caractéristiques personnelles étaient déterminantes dans
l’action de donner.
Ainsi, l’influence de l’âge, du genre, de l’éducation
et du revenu sur le don charitable individuel a été particulièrement étudié
dans la littérature, et ce, notamment par Shelley et Polonsky en 2002, Chua et
Wong en 1999 et Sargeant en 1999.
Les caractéristiques sociodémographiques du donateur,
bien qu’évalué comme inefficace par certains universitaires comme Ordway (2000), ont été soutenues par d’autres tels
que Newman (1996) et Schlegelmilch (1988). Haibach (1998), par exemple, se
basant sur une analyse d’études empiriques menées en Allemagne et aux USA,
pensait que la propension à donner augmente avec l’âge et l’éducation.
Par ailleurs, il a affirmé que les femmes ont
tendance à donner plus souvent que les hommes, et que les montants donnés sont
en relation avec le revenu.
L’association positive entre l’âge, l’éducation, le
revenu et la propension à donner, comme la conclusion que les femmes donnent
plus souvent que les hommes sont généralement soutenu par la recherche en
marketing, économie et psychologie (Schneider, 1996).
Faisant allusion aux preuves empiriques, Sargeant
(1999) a caractérisé le profil démographique respectivement des prospects ou
des donateurs des organisations de bienfaisance comme une « catégorie clé
des variables déterminantes externes ».
En pratique, les chercheurs de fonds comptent souvent
sur de simples critères sociodémographiques, car un nombre significatif
d’organisations non profitables (en particulier les plus petites) n’ont pas la
capacité d’acquérir plus de données sociodémographiques sur leur marché cible
(Shelley et Polonsky, 2002 ; Kotler et Andreasen, 1996).
De plus, de telles données sont souvent disponibles à
partir de sources secondaires, alors qu’habituellement de très petites données
secondaires au sujet des préférences, des attitudes et des perceptions des
donateurs existent.
Actuellement, les variables sociodémographiques
semblent être les variables de segmentation les plus utilisées dans la pratique
en recherche de fonds.
Les directeurs utilisent fréquemment ces variables
comme substitut car les variables sociodémographiques représentent des critères
faciles à mesurer supposés être en
rapport avec le fait que les donateurs réagissent bien (Kotler et Andreasen,
1996 ; Werner, 1992).
1.1.1
– L’influence du genre sur le don
En ce qui concerne les types d’organisations
soutenues, l’étude de Srnka, Grohs & Eckler a montré que les femmes sont
plus susceptibles de contribuer aux problèmes de l’environnement et de la
protection des animaux. Les hommes, quant à eux, ont plus souvent soutenu les
associations amicales locales.
En ce qui concerne les formes de dons, les femmes ont
plus souvent acheté des produits de charité et donné des biens comme des
vêtements ou des meubles, alors que les hommes ont préféré donner du sang et
effectuer des travaux bénévoles dans les organisations de bienfaisance.
Enfin, l’étude nous montre que le genre n’a pas
d’impact significatif sur le montant donné et sur la fréquence du don.
1.1.2
– L’influence de l’âge sur le don
Toujours selon cette même étude, l’âge affecte
positivement la décision de ciblage des organisations non profitables dans le
cas des églises, des services sociaux, des organisations de santé, de l’aide
d’urgence, des organisations d’aide aux enfants, des organisations de réfugiés,
et de l’aide pour le développement.
De plus, les personnes les plus âgées sont
significativement plus susceptibles de donner à des collectes d’églises, des
collectes de rue et en réponse à un mailing.
L’âge a aussi un impact positif sur la probabilité
d’assumer une responsabilité financière pour une personne ou un projet, sur la
contribution de biens comme des vêtements ou des meubles, et sur la probabilité
de don d’organes.
Cependant, l’âge a un effet significatif négatif sur
le sang et (faiblement) sur les dons par Internet.
Enfin, l’étude a montré que l’âge a une influence
significative positive à la fois sur le montant et la fréquence du don.
1.1.3
– L’influence de l’éducation et du revenu sur le don
Un niveau supérieur d’éducation mène de façon
significative à un plus grand soutien pour l’environnement et la protection des
animaux, pour l’aide au développement et pour les organisations des droits de
l’homme.
Les personnes avec un niveau d’éducation plus faible,
d’un autre côté, tendent à donner significativement plus souvent aux
organisations de santé et à l’aide d’urgence.
Un niveau supérieur d’éducation mène aussi
significativement à une plus grande chance d’être membre d’une organisation de
bienfaisance payant une cotisation régulière et assumant financièrement la
responsabilité d’une personne ou d’un projet ; alors qu’un niveau
d’éducation plus faible a abouti significativement à une plus grande probabilité
de don pour les collectes de rue et les dons de sang.
De plus, l’étude de Srnka, Grohs & Eckler montre
que l’éducation avait une influence positive sur le montant donné, mais n’avait
pas un impact significatif sur la fréquence de don.
Elle montre des effets similaires pour le revenu.
Plus le revenu était important, plus les gens étaient susceptibles de donner
pour des problèmes d’environnement ou d’animaux, pour l’aide au développement,
pour les organisations de droits de l’homme, et pour les organisations de
réfugiés. D’un autre côté, un revenu plus faible mène de façon significative
plus à des dons pour l’aide d’urgence et pour des groupes d’aide aux personnes.
De la même manière, le revenu affecte positivement les chances d’être membre
d’une organisation de bienfaisance payant une cotisation régulière aussi bien
que les chances d’assumer financièrement la responsabilité d’une personne ou
d’un projet et de donner en réponse à un mailing.
Un revenu plus élevé a abouti à des montants de dons
plus élevés et à (faiblement) une diminution significative de la fréquence du
don charitable.
1.2 – Les critères psychographiques
La segmentation à partir de critères psychographiques
est souvent utilisée par les chercheurs si le but à atteindre est d’élargir le
marché en attirant des gens qui n’ont pas donné jusqu’ici.
L'analyse psychographique aide en grande partie à
agrandir notre compréhension de la question suivante : « pourquoi les
contributions sont faites ? » (Smith et Beik, 1982). Elle examine les
avantages du don charitable perçu par les donateurs (Harvey, 1990) aussi bien
que leurs motivations (Cermak et d’autres, 1994).
Dans la littérature marketing sur la segmentation, il
y a un fort accent qui est mis sur les méthodes psychographiques, et ce,
notamment par Kotler (2002).
En ce qui concerne le fait de donner, des mesures
incluant les motivations et les avantages sont considérées comme étant les
meilleurs indicateurs pour savoir si et comment les gens vont donner (Holscher,
1977 ; Kotler et Lévy, 1969).
Dans la pratique en recherche de fonds, il y a
beaucoup d’organisations qui entreprennent la segmentation psychographique même
s’il est difficile de définir et de mesurer précisément les déterminants
intrinsèques du don charitable (Sargeant, 1999).
Alors que les résultats concernant les critères
sociodémographiques et psychographiques reprennent surtout les conclusions
passées, Srnka, Grohs & Eckler ont essayé de tirer profit de la
perspicacité des données à travers une interprétation post hoc.
Le but était de mettre en avant quelques dimensions
théoriques fondamentales qui ne feraient pas seulement qu’accroître notre
compréhension du don charitable individuel (et, ainsi, enrichir la théorie sur
les déterminants du don), mais aussi qui représenterait une base plus
sophistiquée pour la segmentation des donateurs utile pour les chercheurs de
fonds qui sont restreint à des informations sociodémographiques.
L’interprétation post hoc des conclusions de l’étude
faisant allusion à la littérature actuelle a suggéré que les gens sont
particulièrement susceptibles de donner sous certaines conditions :
- Quand le but de l’organisation de bienfaisance a un rapport avec la sphère de l’individu.
- Quand il y a une probabilité de bénéficier des services de l’organisation.
- Quand le don ne représente pas une dépense ou un effort trop grand pour le donateur potentiel.
2.1 - L’individu donne quand le but de l’organisation de bienfaisance a
un rapport avec sa sphère
Le fait que les femmes,
plutôt que les hommes, donnent pour les animaux et l’environnement, font don de
marchandises et achètent des produits de charité, pourrait être assimilé au
rôle porté par les femmes proposé par Gilligan (1982), aussi bien qu'à une
orientation des ménages généralement plus forte parmi les femmes.
Cette interprétation est
en concordance avec la conclusion de Schlegelmilch (1997) selon laquelle les
hommes achètent principalement et sont volontaires pour vendre des tickets de
tombola qui sont offerts régulièrement dans les associations (par exemple dans
les clubs de football ou de rugby) majoritairement fréquentées par les hommes.
Les personnes plus âgées
se sentent non seulement plus impliquées avec les organisations d'église, comme
cela est fortement soutenu par les enquêtes, mais donnent aussi plus
fréquemment que leurs homologues plus jeunes à ces institutions.
Là encore, les résultats
de Schlegelmilch (1997) vont dans la même direction. Ils ont indiqué que ceux qui
pensaient que la religion n’était pas importante donnaient moins aux collectes
d’église.
Les personnes plus âgées
tendent aussi à soutenir les organisations d’enfants. Ceci peut venir du fait
qu’ils aimeraient avoir plus de contact avec les enfants ou ceux-ci peuvent
représenter une sorte de substitut de leurs petits-enfants qui existent ou pas
ou qu’ils ne voient peut être plus beaucoup.
Sargeant (1999),
indiquant les bases théoriques respectives (Caplow, 1984 ; Graney et
Graney, 1974), a suggéré que les personnes les plus âgées de la société peuvent
éprouver une interaction pseudo sociale à travers les relations qu’ils ont avec
les organismes de charité et échangent une forme d'interaction sociale avec les
autres.
Par ailleurs, l’étude de
Srnka, Grohs & Eckler montre que les individus qui ont une éducation plus
faible et qui tendent à appartenir à une classe sociale plus basse donnent du
sang et font des dons à des collectes de rue (Schlegelmilch, 1997).
Les personnes qui ont un
plus haut statut social (hautement éduqué et avec un revenu supérieur), d’un
autre côté, ont montré un empressement pour donner à des buts abstraits et
vagues comme l’aide au développement, aux réfugiés et aux droits de l’homme.
Ceci peut s’expliquer
par la référence à la sphère de l’individu. Kroeber-Riel et Weinberg (1999)
pensent que les gens qui appartiennent à une classe sociale plus basse sont
plus concernés par l’environnement immédiat, alors que les individus qui
appartiennent à une classe sociale plus élevée tendent plus souvent à avoir des
points de référence dans un environnement social plus large.
Pour conclure, la
bienveillance du sexe féminin et l'orientation du ménage, l'engagement envers
l’église dépendant de l’âge et la référence à un environnement plus large ou plus
proche dépendante du statut représentent d’une façon semblable les conditions
se rapportant à la sphère particulière des divers donateurs (femmes, personnes
âgées et individus ayant un statut social plus ou moins élevé).
Cela fait que ces
donateurs ont tendance à donner. Les conclusions d’autres études dans la
littérature évincent de tels modèles, pensant que les individus sont
particulièrement préparés à donner à des organisations de bienfaisance qui
appartiennent à leur sphère.
Sargeant (1999), par exemple,
dit que les donateurs « préfèrent se concentrer sur ces catégories de
cause qui sont ou perçues comme les plus appropriées à leur segment de société,
ou qui sont perçues plus largement comme le soutien qu’ils aimeraient
voir ».
2.2 - L’individu donne quand il a une probabilité de bénéficier des
services de l’organisation
Selon les conclusions de
Srnka, Grohs & Eckler, les hommes préfèrent rejoindre des associations
amicales locales. Schlegelmilch (1997) déclare que ce groupe tend aussi à
donner à des collectes sur les comptoirs des magasins ou dans les urnes qui
sont placées dans des endroits publics. Ces résultats pourraient être expliqués
par le fait que les hommes tendent à être moins orienté vers la maison et
cherche plutôt des contacts sociaux et de reconnaissance en dehors de la
famille (Kroeber-Riel et Weinberg, 1999).
La recherche sur le
comportement du consommateur a montré que les hommes tendaient à être plus
influent quand les produits pour une consommation extérieure était achetés (par
exemple des voitures), alors que les femmes dominent les décisions d’achat pour
les biens utiles à la maison (Davis et Rigaux, 1974 ; Kirchler, 1989).
Srnka, Grohs &
Eckler ont aussi observé que les personnes plus âgées donnent souvent aux
services sociaux, de santé, et à l’aide d’urgence. Il est évident que les
personnes plus âgées ont tendance à utiliser de telles organismes plus souvent
que les personnes jeunes ou, au moins, peuvent en avoir besoin dans un futur
proche. Donc, ils sont plus intéressés pour soutenir de telles institutions.
Les individus moins
éduqués, quant à eux, préfèrent donner à l’aide d’urgence et aux organismes de
santé. Il est raisonnable de supposer que ce groupe, comme celui des personnes
âgées cités ci-dessus, sont plus susceptibles de devoir bénéficier de ces
organisations que les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé qui ont
tendance à appartenir à une classe sociale supérieure et peuvent avoir une
assurance privé pour la santé et la maison.
En général, on peut
conclure que la propension à donner à une certaine organisation augmente avec
la probabilité de bénéficier de ces services.
Une proposition
similaire peut-être trouvé dans la littérature : Sargeant (1999), se
referant à des travaux passés (Amos, 1982 ; Frisch et Gerrard, 1981 ;
Krebs, 1970), soutient que les individus sélectionnent les organismes de
bienfaisance à soutenir sur la base du fait qu’ils en ont bénéficié dans le
passé ou qu’ils pourraient avoir à en bénéficier dans le future.
De la même façon, Bruce
(1998) et Nichols (1991) précisent que les individus qui souffrent de maladies
particulières seront plus disposés à donner à un organisme qui combat cette
maladie.
2.3 - L’individu donne quand le don ne représente pas une dépense ou un
effort trop grand
Srnka, Grohs &
Eckler ont montré que les montants donnés augmentent avec le revenu, ce qui
n’est pas étonnant. Ceci est en concordance avec la recherche passée (Haibach,
1998 ; Sargeant, 1999 ; Schlegelmilch et autres, 1997, 1992 ;
Schneider, 1992) et semble facilement expliqué par le fait que les gens ayant
un plus haut revenu peuvent se permettre de donner un montant plus important
par an pour des oeuvres de bienfaisance.
De plus, Srnka, Grohs
& Eckler montrent que les individus qui ont un plus haut statut social
(haute éducation, haut revenu) sont plus susceptibles d’être membres
d’organisations de bienfaisance payant une cotisation régulière et assurant
financièrement une personne ou un projet à long terme.
D’un autre côté, la
fréquence de don est plus haute pour les personnes âgées et plus basse pour les
personnes ayant un statut élevé (particulièrement les revenus les plus élevés).
Ces conclusions peuvent
être interprétées en considérant que la décision de donner et l’acte de don ne
représentent pas seulement une charge financière mais impliquent aussi des
coûts psychiques (Kotler, 2002).
Les paiements fréquents
semblent être plus souvent faits par les personnes les plus âgées qui, semble t’il,
ont plus de temps à leur disposition, et moins souvent par les personnes qui
ont statut social élevé qui sont susceptibles d’avoir moins de temps pour
traiter de tels problèmes.
Le dernier groupe peut
préférer payer des montants plus élevés moins souvent ou alors faire des
paiements réguliers (cotisations ou soutien d’une personne ou d’un projet) par
des transferts bancaires automatiques.
Un autre exemple de
comportement de don consiste dans le fait que les hommes donnent du sang ou
sont bénévoles dans des organismes plus souvent que les femmes.
On peut supposer que,
due à la socialisation, les hommes sont plus susceptibles de donner du sang que
les femmes. Pilavin, Pilavin et Rodin (1975) suggère que les dons de sang
peuvent souvent engendrer des sentiments d’héroïsme de la part du donneur, ce
qui va probablement plus attirer les hommes que les femmes. De plus, les
femmes, dans la plupart des pays, même si elles travaillent en dehors de la
maison, font la plupart des travaux ménagers, ce qui leur laisse moins de temps
que leurs homologues masculins pour s’investir dans des travaux bénévoles.
Les personnes plus
jeunes préfèrent donner du sang, alors que les citoyens plus âgés font plus
souvent des dons d’organes.
Cela, encore, semble
intuitivement normal puisque le don de sang présuppose un certain état de santé
et une bonne constitution pour accepter le fardeau physique et psychologique
d'un don de sang.
D’un autre côté, les
personnes plus âgées souhaitent souvent faire quelque chose de bien dans leur vie
et peuvent espérer devenir éternelles en offrant leurs organes à des gens qui
en ont besoin pour survivre (Nuber, 2002).
Pour les individus plus
jeunes, la mort pourrait toujours être trop éloignée pour eux pour commencer à
penser aux dons d’organes.
Enfin, l’étude a montré
que les personnes plus âgées ont tendance à donner plus souvent quant elles
sont directement approchées (à l’église, dans la rue ou via des mailings). Cela
semble attribuable à un minimum d’effort physique requis pour eux pour faire un
don (Haibach, 1998).
D’un autre côté, les
personnes plus jeunes, que l'on peut s'attendre être plus à la maison avec les
nouvelles technologies et avoir moins de loisirs que leurs homologues plus
âgés, sont les personnes les plus enthousiastes pour faire un don via
l'Internet.
En tout, cette preuve
peut être interprété pour montrer que les gens ont tendance à préférer donner
de manière à ce que cela leur coûte le moins possible en termes financier,
physique et psychologique.
La notion que les individus tendent à minimiser les coûts sur diverses dimensions est bien acceptée dans la littérature marketing (Kotler, 2002).
Alors que les résultats
statistiques de l’étude menée par Srnka, Grohs & Eckler répliquent les conclusions précédentes, les
dimensions fondamentales étudiées dans l’analyse interprétative post hoc
s’ajoute de façon significative à la compréhension du don charitable
individuel.
Une telle compréhension
est impérative pour les chercheurs en collecte de fonds dans leur activité de
sollicitation, et est particulièrement importante en vue de la situation
actuelle dans le secteur volontaire.
Alors que, à présent,
peu de segmentation a lieu, et que les donateurs reçoivent un package de
sollicitation standard (Sargeant, 2001), l’intensification de la compétition
pour les dons privés pourrait fournir l’impulsion pour cibler les donateurs
potentiels plus spécifiquement.
De plus en plus, les
organisations de bienfaisance auront besoin de devenir professionnels et de
sélectionner et de cibler leurs supporters systématiquement (Kotler et
Andreasen, 1996).
Les dimensions
fondamentales qui viennent de cette recherche donnent les caractéristiques
sociodémographiques et comportementales et offrent aux praticiens une base
efficace et fiable pour la segmentation du marché des donateurs.
En particulier, ces
dimensions représentent des critères faciles à utiliser pour les chercheurs de
fonds qui ont des données disponibles limitées sur leurs donateurs.
Les organismes de bienfaisance
pourraient aussi utiliser leur connaissance des méthodes en recherche de fonds
pour favoriser les groupes ciblés afin d’identifier des alternatives
stratégiques prometteuses en recherche de fonds non actuellement employées.
Aussi, d’autres segments peuvent être ciblés avec succès en utilisant les
dimensions présentées. Srnka, Grohs & Eckler recommandent ainsi de
s’adresser aux donateurs potentiels de la façon suivante :
Montrer que le but du
don est en rapport avec la sphère de l’individu.
Montrer les bénéfices de
cet organisme pour le donateur.
Augmenter la commodité
du don charitable et/ou communiquer sur la valeur de l’argent/de l’effort en
donnant.
Une des plus anciennes
et des meilleures techniques de segmentation d’une base de données est
l’analyse RFM (Récence, Fréquence, Montant).
En utilisant cette
méthode, tout responsable marketing qui dispose d’une grande base de données
clients peut garantir des campagnes promotionnelles profitables. Par rapport
aux alternatives de segmentation étudiées précédemment (sociodémographique,
psychographiques …), l’analyse RFM est supérieure en qualité car elle se base
sur le comportement du client : quand est ce que le client a donné pour la
dernière fois, à quelle fréquence donne-t-il et combien d’argent
donne-t-il ?
La méthode RFM prédit le
comportement futur des clients en se basant sur leur comportement passé.
L’analyse RFM est simple
parce qu’elle ne requiert pas une analyse statistique complexe ou des profils
démographiques détaillés. Si l’organisation de bienfaisance dispose de
l’historique du don des donateurs dans sa base de données, alors elle peut
faire une analyse RFM. Cette analyse est dite puissante car elle regroupe 3 des
meilleurs indicateurs de l’intérêt d’un donateur pour la cause.
Qui pourrait être
meilleur qu’un donateur que les chercheurs en RFM appellent un 5-5-5,
c'est-à-dire quelqu’un qui a donné récemment, qui donne fréquemment et qui
donne beaucoup ?
L’analyse RFM permet aux
chercheurs en collecte de fonds de segmenter sa base de données et de cibler
les mailings en fonction du profil des donateurs, de diminuer les coûts et
d’augmenter le taux de réponse.
L’analyse RFM commence à
partir de l’historique du don des donateurs. Pour chacune de ces 3 mesures, on
classe les donateurs dans un ordre décroissant puis on leur assigne un score
basé sur le quintile auxquels ils appartiennent.
Par la suite, on
reclasse les donateurs en fonction de leur fréquence de don et on leur assigne
un score qui va de 5 (fréquence très élevé) à 1 puis, pour finir, on fait la
même chose pour le montant donné. Maintenant chaque donateur à un score RFM à 3
parties qui décrit la situation actuelle du donateur. Le score suivant 5-1-3
signifie que le donateur a fait un don de valeur moyenne (3) récemment (5) mais
ne donne pas souvent (1).
L’analyse RFM classe
ensuite les donateurs en 125 segments (5x5x5=125), ce qui permet un ciblage et
une segmentation plus efficace.
Les organisations de
bienfaisance veulent transférer leur message aussi efficacement que possible
afin d’obtenir une relation profitable à long terme avec chaque client.
Jusqu’à présent, les
chercheurs avaient prêté beaucoup d’attention à la sélection des adresses et à
l’identification de nouveaux clients potentiels rentables alors qu’ils avaient
prêté moins d’attention à la fréquence optimale des contacts avec les clients.
C’est pourquoi, en 2002, Jonker, Piersma et Potharst ont élaboré un système
d’aide à la décision qui aide les chercheurs en collecte de fonds à déterminer
la fréquence optimale à laquelle on va envoyer les mailings aux clients actifs.
Pour cela, ils sont partis de l’étude d’un collecteur de fonds hollandais.
Les modèles
stochastiques de marketing direct qui décrivent le comportement de réponse des
clients incluent des modèles de choix binaires (Bult et Wansbeek, 1995), des
réseaux neuraux (Levin et Zahavi, 1996 ; R. Potharst, U. Kaymak et W.
Pijls, 2001) et des chaînes de Markov (Bitran et Mondschein, 1996 ; Gonul
et Shi, 1998 ; Piersma et Jonker, 2000).
Ces modèles
mathématiques d’aide à la décision ont cependant un inconvénient majeur :
quelques consommateurs ne sont pas sollicités alors que d’autres le sont trop.
C’est sur la résolution de ce problème que portera l’étude de Jonker, Piersma
et Potharst à partir de laquelle nous allons travailler.
Leur philosophie repose
sur 2 principes :
Principe 1 : La
décision repose sur la question suivante : « Combien de mailings les
clients actifs recevront sur une période limitée ? »
Pour les organisations
de bienfaisance, un mailing n’est pas envoyé une seule fois pour un évènement,
mais fait parti d’un flux de mailings envoyés au cours d’une période plus
longue.
Faire une sélection pour
un mailing néglige la dynamique de réponse au mailing : la décision
d’envoyer un mailing aujourd’hui influence la probabilité qu’une personne
répondra au prochain mailing.
L’étude de Jonker, Piersma
et Potharst prend en considération de multiples mailings et les réponses
correspondantes dans un univers de temps limité.
La stratégie de mailing
résultante est complètement différente des modèles de « mailing
unique » qui sont évalués pour chaque occasion de mailings séparés.
Le modèle est résolu
seulement une fois pendant le temps défini et décide uniquement du nombre de
mailings à envoyer pendant cet intervalle de temps pour chaque client de la
base de données.
Si la décision est
d’envoyer au moins un mailing alors le client est sélectionné pour un futur
mailing : La situation exacte à utiliser pour ces mailings peut être
déterminée à travers des stratégies pour le timing des mailings.
Principe 2 : Le
comportement de réponse préféré est présenté comme étant une combinaison de la
maximisation du profit et des critères de réponse.
Le but principal des
entreprises de marketing direct est d’obtenir une relation profitable à long
terme avec ses clients.
Bitran et Mondschein
(1996) décident, à travers leur modèle, à qui et à quel nombre de mailings on
va envoyer au prochain envoi de mailings, et ce, à travers la Lifetime value du
client. La Lifetime value du client est défini comme le total des bénéfices
nets futurs escomptés (Berger et Nasr, 1998). Gonul et Shi (1998) ont étendu ce
concept en considérant le total des bénéfices escomptés sur un horizon infini
quand on doit envoyer un seul mailing.
Le modèle de Gonul et
Shi est vraiment basé sur la comparaison du bénéfice futur attendu de l’envoi
du mailing et le fait de remettre à plus tard le mailing.
Nous sentons que ce
concept pourrait être exploité plus en profondeur. Pour obtenir une relation à
long terme avec un client, on doit essayer d’avoir une politique stratégique personnalisé
de mailing.
En considérant la
fréquence des mailings au lieu des modèles de décision de mailing unique, on
est capable d’inclure un modèle de mailing supplémentaire pour les clients les
moins rentables. Ce qui permet aux marketers de maintenir une relation avec ce
type de clients.
Avec une stratégie de
mailing multiple, le responsable peut alterner entre l’envoi ou non des
mailings à chaque client, en espérant que le client reste actif sans envoyer de
mailings qui seront gaspillés.
D’autres philosophies
incluent : le nombre de réponses, la qualité des réponses, l’homogénéité
des réponses …
Il existe des modèles
qui n’incorporent pas les contributions du management. En conséquence les
campagnes optimales de mailings conseillent d’envoyer aux clients les plus
rentables une abondance de mailings et laisser les autres clients complètement
seuls.
Les objectifs de Jonker,
Piersma et Potharst sont de maximiser les bénéfices à long terme à travers une
stratégie de mailings qui maximisent la rentabilité à laquelle un individu
entrera et restera dans les états les plus rentables, et ce, en incorporant les
contributions du management.
2.1 – Modélisation du problème de fréquence du mailing
2.1.1
– Processus de décision de Markov
Le processus de décision
est défini comme un problème de fréquence sur une série de périodes. Dans
chaque période, la décision est de savoir combien de mailings envoyer à chaque
client. Ce processus de décision est modélisé à travers la chaîne de décision
de Markov dans l’esprit de Gonul et Shi, Bitran et Mondschein et Piersma et
Jonker.
Dans le modèle de
Jonker, Piersma et Potharst, un client est classé dans un état S selon
l’intensité du mailing et la réponse dans la période précédente. Les clients
sont caractérisés par l’histoire de leur réponse et cette histoire est
enregistrée selon les caractéristiques RFM bien connues comme suit.
L’état d’un client à la
fin de la période t est défini comme un vecteur tridimensionnel S(t)= (m[t],
r[t], d[t]) où m[t] est le nombre de mailings qui est reçu dans une période t,
r[t] représente le nombre de mailings auxquels le client a répondu dans la
période t et d[t] donne le montant total dépensé par le client dans la période
t (ce montant est divisé en un nombre de classes fini).
La collecte des actions
pour tous les états possibles est appelée une politique (de mailing).
Etant donné la politique
de mailing le client peut répondre plusieurs fois. Cette réponse est
enregistrée par le montant total dépensé et par le nombre de mailings auxquels
le client a répondu.
Il existe des
probabilités de transition qui dépensent de l’action du chercheur. Celles-ci
sont calculées à travers l’évaluation de la Probabilité Maximale. Avec ces
probabilités de transition, on peut calculer les probabilités d’état régulier
pour chaque état en utilisant les égalités standard de Markov (Par exemple
Puterman, 1994).
Pour un client dans un
état donné S[t]=s, Jonker, Piersma et Potharst définissent une récompense pour
la période t+1 qui est le montant total donné par ce client dans la période t+1
sur le nombre de mailings envoyés par le responsable.
Une récompense attendue
dépend ainsi de l’état du client et de l’action prise par le responsable.
2.1.2
– La fonction objective
L’organisation de
bienfaisance est intéressée par la maximisation des bénéfices. Envoyer un
mailing à tous les clients de la base de données peut être une stratégie
rentable si les coûts d’envoi du mailing sont bas. Cependant, même si les coûts
sont bas, envoyer à tous les clients un nombre maximum de mailings n’est
d’ordinaire pas la stratégie préférée.
Une société qui envoie
des mailings voudra minimiser le gaspillage ou le taux de personnes qui ne
répondent pas en réduisant au minimum la perspective des coûts mais aussi celle
des clients: envoyer des mailings non désirés peut endommager la relation avec
un client.
Dans la pratique, les
sociétés comparent les différentes politiques de mailings sur la base d’un
nombre de critères. Une mesure directe est le taux de réponse.
Un inconvénient de
l'utilisation de la rentabilité de la réponse est qu'il pourrait favoriser la
sélection des clients qui répondent souvent, mais dépensent une somme
relativement petite. Donc il est recommandé de prendre en considération
certaines mesures des revenus générés comme le revenu moyen par mailing envoyé.
Cette mesure comprend à la fois la fréquence de réponse et le revenu.
Cependant, si un petit nombre de personnes répond mais dépensent un montant
élevé sur la réponse, alors ils marqueront tout autant de points comparé à un
groupe qui a un pourcentage de réponse élevé mais un faible montant dépensé par
réponse. Si la société veut faire une distinction entre ces groupes, elle devra
prendre en considération le montant moyen dépensé par les individus qui ont
répondus.
Une mesure théorique
pour la somme des revenus sur une période est la récompense moyenne à long
terme. Cette mesure reflète le total moyen des dons par an si la même politique
est suivie sur un nombre infini d’années. Ce qui peut être vu comme une
comparaison honnête de l’efficacité des différentes politiques.
L’objectif de Jonker,
Piersma et Potharst est de rentrer les individus dans les états qui sont les
plus salutaires à l’entreprise : ce sont des états où le revenu est élevé
et le nombre de personnes qui ne répondent pas est bas. Aussi, il faudrait que
les individus entrent dans ces états le plus tôt possible. Nous illustrons
l’utilité de cette approche par l’exemple suivant :
Supposons qu’un mailing
coûte 2 euros. On prend en considération l’état (3,1,50) où le client répond
seulement une fois sur les 3 mailings envoyés avec une réponse, un don de 50
euros. Si on pouvait avoir la même réponse avec un mailing (état (1,1,50)),
alors la récompense net serait plus élevée.
Cependant, si un mailing
supplémentaire pouvait provoquer une réponse supplémentaire (Taille 50), ce qui
ferait un résultat dans l’état de (4,2,100), la récompense net augmenterai.
Clairement les états (1,1,50) et (4,2,100) sont préférés à l’état (3,1,50) en
ce qui concerne la récompense net. Cependant, certains états ne sont pas
facilement distingués. L’état (1,1,10) a une plus petite récompense que l’état
(3,1,14) mais dépense moins de mailings, ce qui résulte à une même récompense.
Le responsable peut
préférer réduire au minimum le nombre de mailings, maximiser le pourcentage de réponse ou maximiser la taille de la
réponse ou une combinaison de ces 3 solutions.
Pour donner au
responsable le contrôle sur les objectifs multiples, à chaque état est assigné
un poids qui reflète la préférence relative de cet état.
La politique optimale du
mailing est ensuite basée sur la rentabilité moyenne du poids à long terme
pour observer les clients dans certains états.
Si tous les états ont un
poids égal à un, alors la fonction objective deviendra le critère de
bénéfice net escompté standard pour la programmation dynamique stochastique
(Ross, 1983, Ch. 4). L’existence d’une politique optimale est garantie dans le
modèle étudié par Jonker, Piersma et Potharst pour tous les poids non négatifs.
Leur modèle peut être
résolu par la programmation linéaire, l’itération de la politique ou
l’itération de la valeur.
Ils ont d’ailleurs
exécuté une version rapide de l’algorithme d’itération de la valeur (Tijms,
1994, P. 208 et 210) ; ce qui leur a permis, après calibration du modèle,
de retirer 55 états.
2.2 – Les scénarios standard de cet outil d’aide à
la décision
Avec la définition des
états en terme de variables RFM, le chercheur en collecte de fonds peut
identifier les états préférables en terme de rentabilité du client et
d’intensité du mailing.
Une spécification des
poids pour l’ensemble des 55 états est définie comme un scénario. Le système
d’aide à la décision de Jonker, Piersma et Potharst contient 4 scénarios
standard et l’option pour le client de définir d’autres scénarios.
L’outil d’aide montre
les 55 états et le poids qui peut être assigné à chaque état. Les scénarios
standard sont :
2.2.1
– Les poids égaux
Tous les états sont
important de la même manière, et ont le poids 1. Ce scénario donne le problème
de la fréquence des mailings standard qui optimise la récompense escomptée à
long terme.
2.2.2
– Efficacité : Mettre l’accent sur « moins de mailings »
Les états qui recevront
un poids élevé sont ceux où un individu ne reçoit pas plus de 3 mailings par
an. Le poids le plus haut est placé à 100 et le poids le plus bas est placé à
1. Ces poids encouragent à être dans un état où moins du maximum de 4 mailings
sont envoyé.
2.2.3
– Rentabilité : Mettre l’accent sur les clients les plus rentables
Dans ce scénario, les
clients sont pondérés selon leur rentabilité. Les clients les plus rentables
donnent plus souvent et donnent plus. Nous mesurons la rentabilité par la
taille du don et le pourcentage de réponse.
2.2.4
– Participation : Mettre l’accent sur les réponses des clients
Ce scénario met le cap
sur la participation maximale des clients, défini par au moins une réponse par
an. Nous considérons donc 2 poids :
Poids 100 : tous
les clients qui répondent au moins une fois.
Poids 1 : Tous les clients
qui ne répondent pas.
L’utilisateur ne peut
pas changer les poids des scénarios standard. Cependant Jonker, Piersma et
Potharst incluent une option où l’utilisateur rejette le conseil de l’outil
d’aide.
La politique optimale est
déterminée en utilisant le modèle de décision de Markov comme décrit
précédemment.
Jonker, Piersma et
Potharst ont comparé leurs résultats théoriques avec une politique de mailing
qui envoie le nombre maximum (ici 4) de mailings. Nous étudions spécialement
les coûts des décisions de management qui utilisent la même structure
mathématique plutôt que de comparer différents modèles mathématiques.
Si on compare la
politique optimale sous le scénario 1 avec la politique naïve qui envoie 4
mailings à chaque client, alors les résultats montrent clairement la
rentabilité de l’optimisation des mailings.
On constate ainsi que la
segmentation de la clientèle permet de tenir compte d’une politique de mailing
personnalisé plus rentable. Nous concluons qu’envoyer un nombre maximum de
mailings aura pour résultat des déchets de mailings, et dans le temps causera
l’irritation et la diminution des réponses. Cependant on devra faire attention
à envoyer assez de mailings pour obtenir une réponse positive sans en envoyer
de trop.
Le scénario de
l’efficacité va chercher à envoyer moins de 4 mailings, mais cette stratégie
mène à un bénéfice net substantiel plus faible dans le court et dans le long
terme comparé aux autres scénarios.
Apparemment il y a un
nombre de groupes de clients qui ont besoin de 4 incitations. Si nous
augmentons le coût d’un mailing, l’efficacité du scénario deviendra bien plus
sélective dans le nombre de groupes de clients qui reçoivent au moins un
mailing.
Par exemple, si le coût
par mailing est augmenté de 1 à 10 euros, alors le nombre d’états recevant 0
mailings sous le scénario 2 est augmenté de 10,9% à 34,5%. Pour les autres
scénarios, l’augmentation n’est pas aussi grande.
En conséquence le
scénario 2 envoie trop peu de mailings et est toujours surpassé dans les
bénéfices par les autres scénarios.
2.4 – Le modèle de Jonker, Piersma et Potharst
contre le management
Dans leur outil d’aide à
la décision, Jonker, Piersma et Potharst ont inclus l’option de déterminer la
mesure pour les états choisis par l’utilisateur.
Dans la procédure
d'optimisation la mesure pour un tel état reste fixée et n'est pas optimisée.
Dans notre cas, nous avons déjà annoncé le résultat pour l'option qui fixer la
mesure à 4 pour chaque état; nous l'avons appelé le scénario naïf. Mais il est
aussi possible de fixer l'action pour seulement un sous-ensemble des états et
optimiser les mesures pour les états restants.
La gestion en collecte
de fonds a été particulièrement intéressante pour les clients de l'état 0. Cet
état contient des nouveaux clients et les clients qui n'ont reçu aucun mailing
l'année précédente. Nous observons que la politique optimale dans tous les
scénarios standard est d'envoyer 4 mailings aux clients de l'état 0.
Nous nous sommes
demandés quel serait l'effet sur la performance si nous décidons de rejeter la
décision de ne pas envoyer de mailing et d’utiliser une autre action dans
l'état 0.
Dans une période de
longue durée, il n'y a aucune différence dans l'exécution du scénario 1 si
l'état 0 reçoit 1, 2 ou 3 mailings. Seuls les choix extrêmes, envoyant aux
clients inactifs 0 ou 4 mailings, mèneront à une exécution différente.
L'envoi de 4 mailings
(le scénario « harcèlement des clients ») est conseillé par le
système d'aide.
Quand les clients
inactifs ne sont pas approchés depuis longtemps, c'est le scénario «
d’abandon des clients », le résultat sera que les autres clients
n'entreront pas à l'état 0.
Ces groupes ne sont pas
infiniment exclus de nouveaux mailings, mais le conseil est de s'abstenir
d'envoyer des mailings pendant un an. Quant les clients entreront à l'état 0,
ils recevront de nouveau des mailings l'année suivante.
Ces groupes contiennent
les clients qui ont besoin de beaucoup de mailings, répondent souvent, mais
font don de petites contributions. Dans le long terme, 2,1% des clients sont
attendus à être dans ces états.
Quand les clients
inactifs ne sont pas approchés depuis longtemps, les systèmes d'aide
conseillent d'envoyer à ces groupes moins rentables un mailing. Ainsi seuls les
clients inactifs en première année sont laissés seuls, et plus d'effort est
fait pour approcher les clients actuellement actifs. Le même phénomène est
observé pour les autres scénarios standard.
La gestion en collecte
de fonds a été aussi intéressée par l'envoi d’un mailing aux groupes de clients
qui, dans la politique optimale, n'ont reçu aucun mailing.
De nouveau, ces clients
ne sont pas assez rentables dans la politique optimale pour justifier un
mailing, mais la gestion s'est demandée quel serait l'effet dans l’exécution à
long terme si ces clients ne sont pas exclus de la liste d'adresses.
Nous avons donc calculé
la politique optimale, fixé la mesure à 1 pour les états qui ont l'action 0
dans la politique optimale et recalculé la politique optimale. La politique résultante
n'a pas inclus les nouveaux états avec l'action 0, donc tous les clients
reçoivent au moins un mailing.
Que ce soit dans la
performance à courte durée ou à longue durée la différence est petite, mais la
comparaison montre clairement que les mailings supplémentaires déclencheront
des réponses supplémentaires de ces clients avec de petites donations.
Le nombre de réponses
augmente vraiment mais la contribution moyenne par mailing et par personne
diminuera significativement dans la longue durée.
A partir de l’étude de Jonker, Piersma et Potharst, nous
observons la politique du mailing sous différents scénarios, montrant que les
relations avec la clientèle ont besoin d’être défini prudemment. La première contribution
de ces auteurs à la littérature est le développement, l’estimation et le test
d’un modèle de programmation dynamique pour une organisation de bienfaisance.
Leur seconde et
principale contribution est une discussion prudente de l’impact des fonctions
objectives sur le modèle mathématique et les implications pour la politique du
mailing.
Les résultats montrent
que les buts du management sont souvent en conflit avec les critères
d’optimisation utilisés dans le modèle mathématique. Nous avons comparé
différentes philosophies de mailings en ce qui concerne le bénéfice global et
le pourcentage de réponse dans le court et le long terme.
Optimiser les bénéfices
à long terme coïncide avec le fait de maximiser le pourcentage de réponse pour
notre application. Apparemment les coûts d’un mailing sont assez petits et tous
les clients qui sont susceptibles de répondre par un don recevront un mailing à
chaque opération.
Quand le coût d’un
mailing devient plus grand (par exemple pour les catalogues), le scénario de
réponse maximum deviendra moins rentable.
Enfin, à travers l’étude
de Jonker, Piersma et Potharst, nous décrivons un modèle d’aide à la décision
qui aide l’utilisateur à quantifier la perte ou le bénéfice en définissant des
poids pour l'importance que l'utilisateur met dans un état ou même l'action que
l'utilisateur veut pour certains états.
Dans un cas extrême,
l’utilisateur peut déterminer l’action pour tous les états et le modèle
d’optimisation devient un simple outil de calcul pour la rentabilité des
actions définies. Ceci permet à l’utilisateur d’évaluer les politiques de
mailing précédentes autant que les politiques de mailing que l’utilisateur a
pris en considération. L’autre extrême est de laisser l’outil d’aide à la
décision décider de l’action pour chaque état et d’exprimer la rentabilité de
ces actions optimales (en ce qui concerne le scénario sélectionné).
Un nombre d’extensions a
actuellement été implanté dans le modèle.
A l’avenir, Jonker,
Piersma et Potharst veulent permettre à l'utilisateur de changer la définition de
l’état et le nombre d'états. Le chercheur en collecte de fonds est
particulièrement intéressé par l'envoi de plus de 4 mailings par an. Pour ce
faire, il faudrait inclure une procédure d'évaluation pour les paramètres du
modèle et lier l'outil d'aide avec une base de données.
Le principal problème
pour les chercheurs en collecte de fonds est de choisir quels clients cibler
dans la base de données. Comme on a pu le voir au cours de cette étude, une
pratique commune est de segmenter le marché des donateurs à partir de
différentes variables et notamment des variables RFM ; ce qui permet aux
marketers de segmenter leur base de données, souvent en déciles, afin de
choisir quels clients cibler avec une offre précise.
Au cours de cette étude,
nous vous avons montré en quoi les variables sociodémographiques,
psychographiques et comportementales étaient importantes dans la segmentation
des données en collecte de fonds. Nous avons également essayé de présenter
quelques évolutions dans le domaine même si de nombreuses recherches sont
encore à étudier. En effet, les dimensions fondamentales déduites ne
représentent pas seulement une base fructueuse pour les chercheurs en collecte
de fonds mais peuvent aussi servir de point de départ pour des études
empiriques supplémentaires sur le don charitable individuel.
Par ailleurs, depuis
quelques années, des méthodes de régression basées sur « l’arbre »
(AID, CHAID, CART) ont été décrites comme étant très utiles.
Les réseaux de neurones
également ont été présentés comme une méthode alternative aux modèles
statistiques, potentiellement intéressante lorsque les effets des variables
sont non linéaires, que celles-ci sont corrélées, ou lors de la présence de
données manquantes ou aberrantes. Selon Openshaw, ces caractéristiques
devraient conduire à un développement de leur utilisation en marketing.
Depuis plus de 30 ans, la segmentation dans le milieu de la recherche de fonds a beaucoup évolué mais de nombreuses recherches sont encore à venir.
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